Travaux du mois




TRAVAUX DE MARS





Les jours rallongent, la température remonte, les abeilles trouvent les premiers pollens (noisetiers, saules…), et la reine reprend sa ponte.

La visite de printemps

Les cerisiers commencent à fleurir. Fin mars, par une belle journée sans vent, avec une température de 15° C, les abeilles commencent à sortir en nombre.

Consultez vos notes de l’année précédente et après un examen de l’activité au trou de vol, commencez par visiter les ruches saines et terminez par celles qui paraissent anormales.

En cas de visite d’une colonie soupçonnée de maladie, il faut se désinfecter les mains ainsi que les outils utilisés à l’eau de Javel (1 berlingot dans 5 l d’eau). Il faut

– nettoyer les planchers à la flamme ou à l’eau javellisée après les avoir grattés. Cela peut se faire auparavant par seulement 12° C ;

– faire une visite complète du corps de ruche pour vérifier…

…a) la population
Voir le nombre de ruelles occupées puis, cadre par cadre, apprécier la quantité d’abeilles.
…b) le couvain

Attention, évitez de refroidir le couvain par une exposition trop longue à la température extérieure.

Fin mars, vous devez trouver au moins trois cadres de couvain par colonie ; dans le cas contraire la colonie est considérée comme faible.

L’aspect du couvain est important : s’il y a de nombreux vides ou beaucoup de cellules de mâles, la reine doit être âgée ou mal fécondée.

La présence de larves ou nymphes mortes doit faire soupçonner une maladie ou un parasite (loque américaine, loque européenne, varroase, mycose). Cette dernière maladie due à un champignon est assez répandue et sans gravité mais il faut prendre des mesures prophylactiques (aération par le plancher, changement des cadres « moisis », changement du corps de ruche ….). En cas de problème, il y a la possibilité de demander l’intervention d’un technicien apicole dans le cadre du PSE.

Le couvain peut être totalement absent, cela indique que la colonie est orpheline. Dans ce cas, les abeilles présentes seront secouées à au moins 20 m du rucher. le fait de redistribuer les provisions restantes aux autres ruches peut être dangereux/ risque de contamination si maladie. Même traitement s’il n’y a que du couvain de mâles.

Si aucune maladie n’est soupçonnée, les colonies faibles pourront être réunies ou leur cadres répartis.

…c) la reine

Une bonne conduite des colonies implique le marquage des reines à la couleur de l’année et leur suivi. Si la reine n’est pas marquée, c’est l’occasion de le faire car la population est encore faible : sa recherche sera plus difficile ultérieurement.

…d) les provisions

Elles doivent être suffisantes et à portée de la grappe d’abeilles pour permettre aux colonies de se nourrir et de se réchauffer jusqu’à ce que les apports extérieurs en nectar et pollen soient suffisants.

Les ruches nécessiteuses recevront des cadres de provisions ou à défaut un sirop épais (2/3 de sucre 1/3 d’eau).

…e) l’aspect intérieur de la ruche et l’état des rayons

Il est important, après l’hiver, de redonner aux colonies une demeure propre et saine.

les planchers sont nettoyés et désinfectés à la flamme (ou à l’eau de Javel si en plastique), si vous ne l’avez pas déjà fait ;
le dessus des cadres est gratté, les rainures porte-cadres sont nettoyées avec un tournevis ;
les ruches présentant des traces de moisissures seront transvasées dans des corps propres et désinfectées à la flamme ou à l’eau de Javel.;
Renouvellement des cadres

Chaque saison, il faut impérativement changer 2 à 3 cadres anciens par ruche. Choisir les cadres les plus sombres par exemple ceux dont on ne peut plus voir sa main par transparence à travers le cadre exposé au soleil..

Début avril enlevez les 2 cadres de rive, décalez les 2 cadres qui les jouxtent sur la rive, mettez 2 cadres de cire gaufrée en position 2 et 9, puis, lorsque ceux-ci sont construits, placez-les au centre de la ruche en 1 ou 2 fois. Ainsi progressivement les vieux cadres se retrouvent en bordure de ruche. Evitez de séparer les cadres de couvain à cette époque.

Notez toutes vos observations sur votre cahier de suivi (ou registre d’élevage).




TRAVAUX D’AVRIL





Avec la floraison des pissenlits, toutes les manipulations deviennent possibles.
La visite de printemps a été effectuée fin mars pour estimer la population, l’état du couvain et des provisions, l’aspect de la ruche, et renouveler des cadres.
Continuer ces opérations en avril si nécessaire et placer les cadres mis en position 2 et 9 au milieu du couvain.
La reine:

La pratique du marquage des reines permet de connaître son âge et de savoir si la colonie a reméré.

Le marquage se fait à la couleur de l’année : blanc (années 2011, 2016), jaune (12, 17) rouge(13, 18), vert (14, 19), bleue (15, 20), suivant la formule mnémotechnique « Blanc je rêve en bleu », « Blanc J(jaune)e R(rouge)êVe(vert) en Bleu »
Le transvasement:

Il faut toujours disposer en début de saison de ruches vides prêtes à remplacer des ruches en mauvais état. On transvasera les colonies qui le nécessitent, et les ruches récupérées seront rénovées (nettoyage, réparations, peinture).
Le nourrissement stimulant:
Pour activer le développement des colonies on peut pratiquer le nourrissement stimulant. 6 semaines avant la date probable de la 1° miellée, nourrir avec du sirop 50/50 (50% de sucre, 50% d’eau) à raison de 100g par jour ou à défaut 500g par semaine.
Attention : un nourrissement mal maîtrisé peut entraîner une pénurie de provisions (si le couvain est très développé et que la miellée n’arrive pas) ou un essaimage intempestif.
L’essaimage
Certaines années l’essaimage naturel peut commencer en avril ce qui a pour conséquence une réduction de la récolte.
On peut limiter les risques en:

– agrandissant le nid à couvain(suppression des partitions)

– débloquant le nid par grattage ou retrait des cadres trop remplis de miel

remplaçant les vieux cadres par des cadres gaufrés

posant la 1° hausse dès que les abeilles occupent fortement 8 rayons
posant la hausse suivante quand la précédente est remplie aux ¾ de nectar
utilisant de jeunes reines et sélection de colonies non essaimeuses
visitant le corps de ruche notamment pour surveiller les cellules de reine
Pause des hausses:
Fin avril, et parfois plus tôt, la pose de la 1° hausse s’impose. Il peut être utile de placer une feuille de papier journal percée de quelques trous entre le corps et la hausse pour éviter un refroidissement trop brutal de la ruche.
Réunions:
Les colonies trop faibles doivent être réunies. Placer la colonie faible sur la colonie qui reçoit en interposant une feuille de papier journal percée de trous, ou en vaporisant une solution parfumée sur tous les cadres. En théorie, la reine la plus forte subsistera, mais supprimer la mauvaise reine est une garantie.




TRAVAUX DE MAI





Les grandes miellées arrivent : colza, aubépines, robiniers (faux acacias), tilleuls, châtaigniers, érables, cassis, groseilliers, fruitiers, trèfle, pissenlits…

Il est utile de noter les dates des principales floraisons dans votre secteur.

Les colonies :
Elles sont en pleine expansion. La reine peut pondre 2000 œufs par jour, les premières cellules royales apparaissent annonçant la venue des essaims.
Les hausses :
Il faut surveiller leur remplissage chaque semaine. Le travail en est largement facilité si l’on dispose de couvre-cadres transparents.
Il est préférable de ne poser qu’une hausse à la fois. On place une nouvelle hausse lorsque la 1° est remplie aux 2/3, soit dessus, c’est plus facile, soit dessous pour augmenter l’ardeur de récolte des abeilles. Attention s’il y a du couvain dans la 1° hausse, la 2° doit être posée au-dessus pour éviter de retrouver du couvain dans toutes les hausses.
Afin de renouveler les rayons et de permettre aux abeilles de satisfaire leur instinct de cirières, mettre 2 à 3 cadres de cire gaufrée au milieu de la hausse.
Pour éviter d’avoir du couvain dans les hausses, on peut placer une grille à reine au-dessus du corps de ruche, mais attention au blocage de ponte et au risque d’essaimage, ou au-dessus de la 1° hausse.
Réunion de colonies faibles :
Vérifier les colonies qui semblent faibles et récoltent peu, les réunir avec des colonies moyennes en plaçant la ruche faible au-dessus et en éliminant la mauvaise reine.
Le colza :
Le miel de colza cristallise très rapidement. Il faut l’extraire dès la fin de la floraison quand les champs de colza commencent à verdir.
Essaims :
Souvent, par une belle journée qui suit une période de mauvais temps, un essaim comprenant la vieille reine peut sortir d’une ruche entre 11h et 15h. Récupérer rapidement l’essaim dès qu’il est formé avant qu’il ne reparte vers des lieux inaccessibles. Le placer dans une ruchette munie d’un vieux cadre et de cires gaufrées, si possible, laisser la ruchette sur place et la récupérer quand toutes les butineuses et éclaireuses sont rentrées.
Quand on récupère un essaim dont on ne connait pas la provenance, il est préférable de le mettre en quarantaine. Il est recommabdé de traiter les essaims récoltés 7 jours après leur enruchement.
Le premier essaim sortant d’une ruche est dit primaire, il peut ensuite se former, une dizaine de jours après, un essaim secondaire puis un essaim tertiaire. Ces essaims moins populeux, contenant une à plusieurs reines vierges, sont très volages, difficiles à capturer et à conserver.
Cette succession d’essaims vide la ruche d’origine. Afin de l’éviter, on peut détruire les cellules royales en surnombre après le 1° essaimage. Pour prévenir l’essaimage il faut :
– donner du volume à la ruche (retrait des partitions et pose de hausses)
– aérer la ruche pour éviter la surchauffe (entrée ouverte, plancher grillagé, ombrage)
– retirer des rayons de provision encombrants le nid à couvain
– introduire de la cire gaufrée
– utiliser des jeunes reines sélectionnées non essaimeuses




TRAVAUX DE JUIN à AOUT




Les miellées de juin sont les plus importantes, après l’acacia vient le tilleul, le trèfle, la ronce et début juillet le châtaignier.

Comme en mai, le remplissage des hausses doit être surveillé chaque semaine, une hausse peut être remplie en une semaine. Les colonies faibles doivent être contrôlées.

Récolte du miel :
Il faut récolter le plus tôt possible afin de traiter dès après la récolte soit au plus tard début août.Tout doit être « nickel » de la ruche au pot de miel : la miellerie doit être préparée, le matériel nettoyé, la position du matériel définie pour éviter les efforts inutiles et les salissures.
Le sol doit être carrelé pour faciliter le nettoyage ou à défaut peint.
Un lavabo ou un seau d’eau sont indispensables ainsi qu’un torchon et une éponge pour pouvoir se laver les mains et nettoyer les accessoires.
Les abeilles ne doivent pas pouvoir pénétrer dans le local !
Le local doit être suffisamment chaud et sec (utiliser un déshumidificateur)
La récolte se fait soit en fonction de la nature du miel (miel d’acacia, de tilleul, …) soit en fin de saison, début août de préférence.
Opération de récolte :
La veille au soir, poser les chasse-abeilles, cela facilite grandement le travail.
Par une belle journée, les hausses seront enlevées le matin, les abeilles balayées devant la ruche sur un plateau adapté pour qu’elles puissent rentrer et les rayons posés dans une hausse vide posée à coté. Dès que la hausse est pleine, la ranger pour éviter le pillage.
L’extraction sera faite l’après midi. Chaque cadre de miel est d’abord nettoyé de la cire externe et de la propolis puis désoperculé sur la cuve ad hoc au moyen d’un couteau adapté. Il doit y avoir le moins possible de cire grattée ou découpée sur le cadre à extraire.
Les cadres sont ensuite rangés dans l’extracteur en équilibrant les masses afin de limiter les vibrations lors de la rotation.
Selon le type d’extracteur, l’extraction se sera radiale (cadres posés dans le sens des rayons du cylindre de l’extracteur) ou tangentielle (cadres tangents au cercle du cylindre). La vitesse de rotation doit être progressive afin de ne pas briser les rayons de miel.
Le miel est filtré puis mis dans un maturateur où il devra séjourner une semaine. Cette opération permet une épuration du miel par décantation, les bulles et la cire montent à la surface et les déchets lourds vont au fond.
La cire et les bulles forment une mousse qui pourra être enlevée au moyen d’un rond de papier absorbant (genre filtre à café) découpé à la taille du maturateur.
Attention ! le miel pompe l’humidité ambiante, il faut donc systématiquement fermer les récipients (désoperculateur, maturateur) après le travail.
Le miel est ensuite mis en pots et stocké dans un local frais. Une température de 16° est conseillée pour une bonne conservation. Au-delà de 20°, plus la température augmente, plus le miel se dénature rapidement.
Après extraction, les cadres vidés sont remis dans les hausses et soit redonnés aux abeilles pour la miellée suivante, soit – en fin de saison – donnés à lécher au-dessus du couvre-cadre (trou de nourrissement ouvert) pendant 2 jours environ. Faire de même pour les opercules. Attention, ne pas les laisser trop longtemps, sinon les abeilles les remplissent à nouveau.




TRAVAUX DE SEPTEMBRE




Il y a encore de belles journées mais le temps se rafraîchit et les pluies reviennent. Sauf exception, il n’y a plus de miellées importantes. On trouve encore des fleurs sur la vigne vierge, le lierre, la bruyère, l’arbre à miel (évodia), la renouée, etc…

 

La récolte est faite, le miel est en pot, il faut maintenant penser aux abeilles. Faire lécher les hausses et les opercules sur les ruches et non à l’air libre.

 

Avant l’hivernage, une visite approfondie des ruches est indispensable pour vérifier l’état sanitaire des colonies, l’importance de la ponte et l’état des réserves. Pour stimuler la ponte des colonies faibles, on les nourrira avec du sirop « 50/50 » (50% sucre, 50% d’eau) à raison de 100 g par jour pendant une semaine ; celles qui sont trop faibles seront réunies entre elles. Les colonies bourdonneuses sont « balayées » à 50 m du rucher après avoir été copieusement enfumées.
Début septembre, les ruches doivent avoir au moins 10 kg de provisions. Il leur en faudra 15 pour passer l’hiver. Pour connaître le poids des provisions, il faut peser les ruches. (poids en septembre – poids en mars dernier, sans provisions = stock). Les colonies qui n’ont pas assez de provisions seront nourries, dans la première quinzaine de septembre, avec un sirop épais (2/3 sucre, 1/3 eau) auquel on ajoute 5 ml/litre de vinaigre de cidre, jusqu’à l’obtention du poids désiré pour la ruche (1 kg de sucre donnera 1,1 kg de réserve de nourriture).

Effectuez les traitements antivarroa en respectant scrupuleusement les dosages prescrits.
Préparez votre commande de matériel pour l’année suivante. Il est impératif que chaque apiculteur dispose de son matériel propre afin d’éviter des échanges d’outils entre ruchers, ce qui serait le meilleur moyen de répandre les maladies.



TRAVAUX D’OCTOBRE




Passé le 15 octobre, le froid devient plus rigoureux, les hommes allument le chauffage et les abeilles se préparent à hiverner en calfeutrant la ruche avec de la propolis.

Par une belle journée ensoleillée, avec une température si possible supérieure à 17° C mettez les ruches en hivernage.

Ce qui revient à :

– fermer la grille d’entrée afin d’éviter les intrus et notamment les souris ;
– relever l’arrière de la ruche de quelques centimètres pour faciliter l’écoulement de l’eau ;
– mettre suffisamment de « couvertures » sur le couvre cadre ;
– enlever les derniers traitements antivarroa.
La ruche sera laissée au repos jusqu’au printemps.

Les dessous de plancher ne seront remis qu’en fin décembre lors des grands froids afin de faciliter la reprise de la ponte en janvier/février.
Si vous souhaitez déplacer une ruche, il est possible de le faire après une longue période de froid pendant laquelle les abeilles ne sont pas sorties. Mais attention ! procédez en douceur afin de ne pas décrocher la grappe d’abeilles dans la ruche : elles seraient incapables de remonter et donc vouées à une mort certaine.